L’histoire du tapis

 Tapis persans : les scintillements du terroir

 Azerbaïdjan : le rêve d’Euclide

 

Situé au nord-ouest de l’Iran, l’Azerbaïdjan est une région  montagneuse avec des vallées très fertiles, idéales pour l’élevage des moutons. Cette région est réputée dans le monde entier pour la qualité et la solidité de sa laine.

En admirant les plaines et collines  d’Azerbaïjan, on comprend directement l’origine des tapis.

Des plaines immenses et fertiles perdues dans les montagnes avec de petits villages, coupés du monde la moitié de l’année.

Des centaines de kilomètres de pâturages entre ces villages favorisent l’élevage de mouton. Et qui dit mouton, dit laine ! Pendant cette longue période d’inactivité forcée, les paysans confectionnent des couvertures, des vêtements etc … C’est de cet hivernage que sont également nés les beaux tapis locaux.

Leurs particularités principales : un  nouage dense, un poil haut et épais, une profusion de dessins géométriques ;

Tout comme dans d’autres régions d’Iran, on distingue deux styles différents de tapis :

  • le style urbain (Tabriz, Ahar , ArdébilMechguin Char, Sarab , Mianeh )
  • le style rural ( Bilverdi, Heriz, Mehraban , Gharatche ,Goravan, Bachchayech)

Mille ans de Tabriz

 

Tabriz, capitale de l’Azerbaïdjan, est située à 1350 m d’altitude et entouré de hautes montagnes. Le climat y est très rude, chaud en été, froid en hiver. De ce fait, la laine prélevée sur les moutons est solide et résistante. Cette solidité légendaire  a fait le succès des tapis de Tabriz au cours des siècles. La laine de la région est plutôt rugueuse, mais les artisans n’hésitent pas à acheter les meilleures laines des autres régions et notamment de la laine mérinos de Nouvelle-Zélande.

Les meilleures qualités  de laine proviennent des régions de :

  • Mâkou et Xouy. Ces laines, le plus souvent de couleur blanche,  ont une fibre longue, fine et résistante et une douceur particulière qui donnent  aux tapis un éclat spécifique.
  • Mahâbâd et Aromie, des laines multicolores.
  • Mâqan, les plus rudes.

Le plus souvent, la laine est encore filée à la main par les femmes. Le type de cadre employé pour nouer les tapis est le cadre vertical avec enrouleur de chaque côté, et porte le nom de cadre tabrizien. Celui-ci est idéal pour les grandes mesures puisqu’il permet d’enrouler le tapis au fur et à mesure de son achèvement et de confectionner ainsi un tapis d’une mesure plus grande que la norme traditionnelle correspondant à la hauteur de la pièce.

Le travail se fait le plus souvent à domicile, mais vu la dimension de certains tapis, des entrepreneurs ont créé des ateliers où l’on compte parfois une vingtaine d’artisans par atelier.

Le nœud employé est le nœud turc avec une concentration allant de 90.000 à plus de 1.000.000 de nœuds au mètre carré.

Trame et chaîne sont généralement en coton écru et dans les plus fines pièces en soie.

Le velours est soit en laine, soit en laine et soie, soit intégralement en soie.

Style et inspiration

Tabriz dont les origines remontent probablement au IX ème siècle fut toujours  un centre commercial important. Dés le XV ème siècle déjà, Tabriz est connu pour ses tapis et cette longue période de prospérité a développé la création artisanale et contribué à une profusion de styles différents.

De plus, les artisans de Tabriz se sont inspirés des tapis des autres régions pour prendre à leur compte certains motifs des autres régions. C’est ainsi que l’on retrouve dans les tabriz le médaillon des kirmans,les écoinçons des machads, la bordure des kachans.

Les dessins usuels de Tabriz sont :

–       Les compositions florales

–       Le médaillon central avec les quatre écoinçons

–       Les fleurs Shah Abbas

–       Le motif sheikh Safi, dont l’exemple le plus célèbre est l’ardébil de l’Albert et Victoria muséum à Londres.

–       Le style Mahi (poisson) est certainement le plus connu. Le motif central est composé d’un médaillon central ovoïde ou de forme hexagonale, et le champ est parsemé de hérati.

–       Les scènes de chasse avec ou sans  médaillon. Motifs inspirés des miniatures anciennes.

–       Motifs figuratifs, scènes historiques, scènes religieuses, paysages européens et orientaux, personnages célèbres etc.

–       Riches tapis de laine et soie composés d’un fond beige rosé, avec ou sans médaillon.

–       Tapis entièrement en soie

–       Copie de tableaux de maîtres européens comme : Rubens , Rembrandt….

Les chatoiements d’Hériz – Héris et sa région

 

À cause de son éloignement des grands  centres commerciaux et le peu d’échange avec les autres villes ou village, du à la carence des moyens de communication, Hériz et les villages environnants ont gardé toute leur authenticité et fraîcheur originelles. Pour ce motif, les dessins et couleurs n’ont pas été influencés par des contraintes extérieures.

La production de Hériz s’étend aux villes de Goravan, Bakhshayesh ,Mehraban , Gharatche et Sarab .Parmi  toutes ces villes, Hériz est le plus en vue pour la diversité de ses motifs et la douceur de ses couleurs. Il suffit de voir des hériz du 19 ème siècle  pour comprendre  ce qu’est une œuvre d’art.

Parmi ces pièces anciennes, Hériz est célèbre pour ses tapis  entièrement en soie que seuls quelques amateurs fortunés peuvent acquérir.

 

Références et inspiration

La production moderne est d’une facture plus rude et les couleurs plus vives. Le type de nœud adopté est généralement le nœud turc.

La chaîne et la trame sont généralement en coton assez épais, ce qui donne au tapis une grande solidité.

La laine est rude et épaisse et le nombre de nœuds au mètre carré varie généralement entre 6000 à 10000 noeuds. Dans certaines pièces plus fines, cette densité peut aller de 100.000 à 150.000 nœuds au mètre carré.  Les colorants actuels sont pour la plupart  chimiques, mais de plus en plus il y a une tendance à l’emploi de colorant végétaux.

Le dessin est habituellement géométrique avec des lignes verticales, horizontales et obliques. Les lignes obliques se brisent pour adopter la forme d’un escalier. Le champ est généralement constitué d’un grand médaillon central et de quatre écoinçons.

Conformément à la tradition, les noueurs de cette région ont l’habitude de raser le tapis en laissant le poil plus haut qu’ailleurs. Ce qui donne une laine haute et épaisse assez agréable et confortable au toucher du pied.

Grâce à ces qualités de solidité, le Hériz (dans une bonne qualité de laine) est un tapis de grande longévité, pour un prix souvent inférieur à un tapis mécanique.

Goravan, Bachchayech en surbrillance

 

Bachchayech est spécialisé dans la confection de couloirs. Les  couleurs principales sont : le bleu , le rouge  chamois et le rouge brique qui procurent au tapis une beauté très particulière.

Le dessin emprunté au style de Hériz est généralement composé d’un grand médaillon de style floral.

La laine de la région de Bachchayech possède une grande résistance et une brillance particulière qui a grandement contribué à la réputation des Goravan.

Le médaillon des Goravan est particulièrement imposant, et parfois afin de sauver l’équilibre du dessin, il vient pénétrer jusqu’au milieu de la bordure.

Les frondaisons de Ahar

 

Les artisans de Ahar et ses environs, se sont aussi largement inspirés du style  Hériz, mais sans le copier comme de nombreux autres villages. Ils utilisent des couleurs foncées, un nouage plus dense et de très bonne qualité, et de ce fait sont renommés pour leur résistance. Les motifs sont légèrement moins géométriques et se dirigent plus vers une forme feuillue très stylisée. Le dessin de la bordure leur est spécifique et se différencie de la production de Hériz.

Les couloirs de Gharatche

 

Gharatche est réputé pour la qualité de ses couloirs d’un nouage très dense.  Le fond des tapis et couloirs est généralement en rouge garance et la bordure en bleu foncé.

Inspiré de Hériz, le dessin est généralement constitué de 3 formes géométriques; au centre un hexagone entouré du motif  dit ” chien assis” et de chaque côté une forme géométrique allongée identique.

Dans les pièces de grandes dimensions, ce motif peut se répéter.

Ardebil- Ardabil : grandeur et décadence

 

Le nom d’Ardabil est associé au célèbre tapis datant de 1539  qui recouvrait le tombeau du shah Ismaïl fondateur de la dynastie des Séfévides et qui se trouve  actuellement au Victoria et Albert muséum de Londres.

Si Ardabil a connu dans le passé son âge d’or dans l’art du tapis, de nos jours, l’usage d’un motif identique et répété et l’absence d’un style propre à Ardabil ont fait perdre toute la valeur à cette production.

La plupart des motifs aux formes géométriques sont des copies conformes des Caucase. D’autres motifs sont copiés sur les dessins “Mahi”. Dans la production du début et moitié du XX ème siècle, on trouve quelques rares pièces originales avec des figures humaines ou des animaux entourés de décoration florale.

Si les motifs du champ des Ardabil ont énormément de similitudes avec les tapis du Caucase, par contre les bordures sont nettement plus complexes tandis que les couleurs employées sont plus claires et plus vives.

Les grandes odes de Sarab

Située entre Tabriz et Ardabil, la ville de Sarab s’est spécialisée  dans les tapis de grande dimension à motif “Mahi” emprunté au  dessin Bidjar.

Parfois cette production atteint une échelle industrielle, et c’est la raison pour laquelle on trouve tant de différences de prix dans les Tabriz Mahi.

Un tapis à motif Mahi noué à Tabriz peut valoir 2, 3 à 4 fois plus cher qu’un tapis noué à Sarab, parce que la qualité et la densité de nouage est différente, et un original a toujours plus de valeur.

L’universelle Isfahan (Esfahan, Ispahan)

Esfahan Isfahan (littéralement « la moitié du monde ») Nesf-é-Djahan.

C’est sous le règne de Shah Abbas Ier qu’Ispahan devient la capitale de la Perse en 1598. Elle est à l’origine des palais et mosquées qui devaient faire d’Ispahan la plus belle ville du monde  en ce  début du XVII è siècle, d’où son nom“la moitié du monde“.

Les tapis d’Ispahan sont dignes de ces palais et mosquées et les motifs qui les ornent sont largement inspirés des magnifiques carrelages qui les ornent.

La production semble s’être arrêtée avec la conquête afghane (1722) jusqu’au début du XX è siècle. Ce n’est qu’après la première guerre qu’apparaît sur les marchés internationaux la nouvelle production d’Isfahan.

 

Style et inspiration

Nous avons peu d’indication sur la qualité et les motifs des tapis anciens, sinon que l’emploi de la soie était peu répandu.

Les motifs les plus usuels de nos jours sont: le médaillon central qui domine un entrelacs de branches garnies de fleurs et bourgeons, le tout encadré par la bordure; les fleurs Shah Abbas ; le style Mihrab;les scènes de chasse, les motifs animaliers; les scènes de jardin et sylvestre;les panneaux figuratifs avec scènes de danses et fêtes inspirées des poèmes Persan.

Le nœud usuel est le nœud farsi ou persan , le poil est rasé très court, la chaîne et contre chaîne sont en coton ou soie, le champ est en laine, laine et soie et 100% soie. La densité varie de 200.000 à 1.000.000 de nœuds au mètre carré.

Si les Ispahans sont mondialement connus pour des tapis d’une très grande finesse,il existe une production commune assez importante, dont la densité sera peu élevée , le poil plus haut et les couleurs moins élaborées. Cette production est évidemment d’un prix peu élevé.

Les Isfahans sont principalement tissés dans les villes de:Nadjafabad, Falavardjan, Chareza, Golpayegan, Naïn, Ardestan ,Natanz, Kachan et Vadjansar, soit dans un rayon de 150 km autour d’Ispahan.

Il existe beaucoup d’artistes très connus en Iran qui signent leurs œuvres, mais le plus célèbre en Occident reste Sérafian dont les oeuvres atteignent des prix astronomiques.

Arménibaft : l’exception culturelle

Avant la révolution Islamique, Ispahan était composé de  3 communautés qui vivaient en parfaite harmonie : musulmane, juive et chrétienne. C’est cette communauté chrétienne, composée d’Arménien, qui donna à Ispahan l’autre style de tapis ou Arménibaft dont la traduction est : “ nouer par les Arméniens“.

Contrairement aux Isfahan, les Arménibaft emploient le nœud turc, et la densité se situe entre 90.000 à 200.000 nœuds au mètre carré. La laine est plus épaisse et le poil plus haut. Peu de dessins et la couleur principale est généralement le bleu foncé

Chahar Mahal-Bakhtiary : du nomade au rural

 

Végétal Bakhtiar

La région de Chahar Mahal est situé au Sud-ouest d’Ispahan et au pied du mont Zagros. Les tapis de cette région tirent leur nom de la tribu Bakhtiary, peuple semi-nomade qui occupe cette région.

Il faut distinguer deux productions : une production nomade et une production en provenance des villages du Chahar Mahal.

Les tapis authentiquement nomades se distinguent par une trame double (en laine), parfois triple, entre deux rangées de nœuds, tandis que les tapis de village ne comptent qu’un seul fil de trame en coton comme la chaîne.

Si les tapis de nomades utilisent les motifs tribaux traditionnels, les tapis de villages utilisent des décors plus classiques comme

–       Le motif à médaillon central

–       Le tapis jardin : inspiré à l’origine des jardins persans, le champ est composé d’un damier de petits encadrements qui renferment des sujets végétaux (cyprès, jardins avec fontaine, oiseaux)

–       Le tapis à arbres : le champ est constitué de médaillons rhomboïdes reliés entre eux et dont le centre contient les mêmes sujets que le tapis jardin.

–       Dans certains tapis, fin du 19 ème début 20 ème siècle, on découvre un magnifique décor inspiré du jardin d’Eden. Le champ est composé de fleurs, d’arbres de vie et branchages stylisés qui ressortent sur un fond uni généralement ivoire ou bleu foncé.

Les Bakhtiars se reconnaissent facilement à leurs couleurs végétales : le rouge, le jaune ocre, le vert bouteille, le marron, le bleu ciel, le blanc et l’orange.

Il faut rendre un hommage tout particulier aux teinturiers de cette région, qui sont arrivés à une perfection rarement obtenue, certains d’entre eux ont fait leur réputation sur une ou deux teintes. Malheureusement, avec l’arrivée des colorants chimiques et à cause de leur emploi facile et peu onéreux, certains secrets se sont perdus avec la disparition des maîtres anciens.

La trame et la chaîne sont généralement en coton, bien que dans les pièces anciennes la trame et la chaîne est en laine.

Le nœud est de type turc avec une densité moyenne de 90.000 à 120.000 nœuds au m2.

Bibibaft

Les artisans du Chahar Mahal produisent un nombre limité de Bibibaft (noué par la grand-mère), tapis d’une exécution plus dense et plus soignée avec des tons plus doux que les tons traditionnels, soit le haut de gamme du Bakhtiar.

Naïn : le raffinement suprême

 

Situé au centre de l’Iran à 140 kilomètres d’Isfahan en bordure du désert de « Dacht-e-kavir »,Naïn englobe 652 villages dont les habitants vivent de la confection de tapis.

Jusqu’au début du XX è siècle, l’artisanat principal était le tissage d’étoffes en laine précieuses entièrement réalisées à la main. Mais l’arrivée des métiers à tisser et l’importation d’étoffes occidentales fit péricliter cette industrie.

Les artisans de Naïn s’orientèrent donc naturellement vers la fabrication de tapis dont ils puisèrent l’inspiration dans la finesse et l’élégance des tissus confectionnés naguère.

Vu le succès des Naïns, on trouve sur le marché de nombreuses copies faites au  Pakistan et en Indes. En Iran également on copie les Naïns à Kachmar ,Tabas ,Machad,Nechabour etc..  dans des qualités de laines et de nouage nettement inférieures. Ces copies sont souvent vendues pour de vrais Naïns dans certains magasins qui pratiquent des réductions miraculeuses ou par de vulgaires comporteurs.

Le négociant honnête vous les vendra pour un dessin Naïn fait à Kachmar, Tabas, Machad,Nechabour etc.

Caractéristiques du vrai Naïn

Noeud persan ou farsi, avec une concentration pouvant aller de 360.000 à plus de 1.500.000 nœuds au M2.

Trame en coton écru, chaîne très fine  généralement bleue ; parfois la trame est en soie.

Les spécialistes emploient un terme spécifique aux Naïns pour désigner la composition de la  trame soit : nohlah(9 lah), chichlah (6 lah), tchaharlah ( 4 lah ). Ce terme désigne une trame constituée de 9 ,6 ou 4 fils de coton.

Le velours est en laine et soie, et dans certaines pièces anciennes entièrement en laine. La soie est surtout employée pour garnir le fond des fleurs.

Le décor est très inspiré de celui d’Isfahan. Soit des motifs animaliers avec arbres et végétaux exprimant le jardin d’Eden.

Soi un entrelacs de motifs végétaux avec ou sans médaillon central.

Les couleurs sont typées et peu nombreuses : pour le fond comme pour le décor : beige, crème, ivoire, bleu, bordeaux, rouge et vert. Rarement un fond rouge ou vert.

Colorant pour la laine : végétal, minéral et chimique

Habibian : le grand maître de Naïn

Le créateur des motifs que nous connaissons actuellement est Habibian qui s’inspira des motifs d’Isfahan et surtout des carrelages des mosquées d’Isfahan. Celui-ci vendit son premier tapis aux environs de 1920 pour 100 toumans soit 6 kg d’argent.

La signature d’Habibian est le gage de la meilleure qualité et du décor le plus somptueux. Malheureusement, beaucoup d’artisans imitent sa signature, tout simplement parce qu’ils s’appellent également Habibian (faisant partie de la même famille, et d’autres pour augmenter le profit) ; et la meilleure garantie d’authenticité est d’acheter chez le petit-fils d’Habibian en personne:  Mahmud Reza Habibi Naini,  gardien de la tradition.

Autre personnage important de Naïn est Mofidi, un soufi (mystique musulman) qui exprime ses valeurs spirituelles dans la création artistique.

Kachan : nobles origines

Situé au bord du désert  Dacht-E-Kavir  entre Goum et Isfahan, Kachan subit  des températures de plus de 50° empêchant toute culture. Les habitants se sont donc tournés vers ce que les Iraniens savent le mieux faire,  la confection des tapis.

Kachan jouit d’une réputation mondiale, grâce notamment aux grands maîtres qui, à travers les siècles, ont créé des chefs d’œuvres d’une grande diversité de dessins et de couleurs.

Un des motifs le plus célèbre en Iran, le dessin sheikh Safi, a certainement été créé par un maître originaire de Kachan, et tous les tapis de Kachan profitent de cette renommée.

Ce motif ayant atteint une telle célébrité, fut repris par de nombreux créateurs et notamment par Tabriz qui veut s’en attribuer la paternité.

Mais une analyse minutieuse du célèbre Ardabil, actuellement exposé au musé Albert et Victoria de Londres, nous fait plutôt  pencher pour la thèse de Kachan.

L’Ardabil est signé : Maqsoud Kachani (Maqsoud de Kachan).

Si le tapis était originaire de Tabriz, il serait confectionné avec le nœud turc, alors que le nœud du tapis de Londres   est le nœud persan.

De plus, après l’achèvement du tapis en 1539,  Tabriz a subi plusieurs invasions ottomanes, et, en toute logique, si le tapis avait été à Tabriz, il serait actuellement au musé d’Istanbul au lieu d’être à Londres.

Style et inspiration

La production des Kachan s’étend à un territoire assez vaste qui comprend les villes de  Kachan, Natanz, Djowchegan-e-Ghali, Golpayegan, Mahallat, Ardestan et même Isfahan.

Les artisans de Kachan ont su se plier aux demandes des marchés étrangers, en produisant des tapis d’une grande finesse. Celle-ci fut obtenue notamment par l’introduction de laine mérinos à la fin du XIXe siècle.

Les motifs décoratifs sont similaires à ceux qui sont d’usage en Iran, c’est-à-dire un grand médaillon central  constitué de plusieurs médaillons concentriques, le médaillon intérieur ayant la forme d’une croix étoilée.

Les tapis floraux dit afshan  ou harshang  sont sans médaillons et composés par un réseau complexe de rinceaux d’arabesques qui s’entrecroisent, rehaussés de fleurs complexes et de lotus.

Un des meilleurs maîtres contemporains de ce type de tapis reste Esphahanian qui signe toutes ses œuvres et parfois les numérote.

Le dessin Sarough, constitué de buissons de fleurs avec un fond de couleur rouge brique est également exploité.

Les couleurs principales sont au nombre de quatre:le rouge, le bleu clair pour le fond, la couleur crème et le jaune orangé. Ces couleurs sont reconnues pour leur douceur et brillance.

Jusqu’à la fin de la première guerre mondiale, les tapis de Kachan étaient rasés très court, après cela et à la demande des marchés occidentaux, le poil est resté plus haut, certainement pour subir les lavages spéciaux qui rendent le tapis plus vieux. Mais pour avoir une meilleure qualité de  dessin, il est nécessaire de raser plus ras.

L’artisanat de Kachan est principalement familial et surtout travaillé par les femmes. Dans chaque maison il y a un à minimum un à deux cadres à tisser.

La densité des nœuds varie de 160.000 à 1.100.000 nœuds au mètre carré, et les tapis les plus fins sont noués avec de la soie ou en laine kork ( laine d’agneau).

La chaîne et contre chaîne sont habituellement en coton, mais dans les pièces les plus fines peuvent être en soie.

Mohtachem le poète du tapis

À la fin du 19 ème siècle à Kachan, vivait un grand poète célèbre pour ses chants de deuil Mollah Hossein Mohtachemy . Son épouse originaire d’Arak était passée maître dans l’art du tapis. Ensemble ils construisirent un atelier à Kachan et remplacèrent la laine par de la soie.

Le premier tapis, entièrement en soie, sorti de leur atelier fut offert comme cadeau au shah Naser Aldin. Le second tapis, entièrement en soie, fut offert en cadeau au Premier ministre du Shah.

Grâce à ces présents, les princes et nobles de la cour du Shah voulurent à leur tour un tapis en soie et la richesse de Mohtachem fut assurée.

Sa renommée assurée, il s’entoura d’associés et recruta dans sa famille la main d’œuvre nécessaire à la bonne marche de son entreprise. Ses premières commande importantes furent des tapis de petites dimensions : tapis de prières et pochty ( tapis de la dimension d’un coussin de dos de canapé) qui furent vendus au bazar d’Istanbul.

Grâce à la richesse de ses dessins et couleurs, les demandes des marchés Européens affluèrent et avec elles la demande de grandes dimensions.

Afin d’accroître ses ventes, il réalisa des tapis entièrement en laine, dont la confection était plus facile et le prix plus raisonnable. Pour cela, il employa pour la première fois une laine d’une douceur inconnue en Iran, la laine en provenance de  Manchester.

Par ses innovations et son sens des affaires, Mohtachem fut un des plus grands chefs d’entreprise dans le business du tapis, et son nom reste à jamais relié au tapis de Kachan.

 La province rebelle du Khorassan

Herat : capitale du Khorassan

Herat, aujourd’hui ville d’Afghanistan, appartenait dans le temps au Khorassan. Élevée au rang de capitale par les sultans qui régnèrent sur elle, elle vit une époque où les arts, tapis compris, vécurent un âge d’or. Les tapis de cette époque prirent tout naturellement le nom d’Herat, et le dessin Herati qui prit naissance à Herat se retrouve de nos jours dans les tapis des villes et villages du Khorasan et d’autres régions d’Iran. Les principaux centres de tapis au Khorassan sont : les villes de Machhad, Birdjan, Ghaen, Doroxch, Moud, Sabzevar, Torbat-e-Heydariyeh, Tabas et les tribus Beloutch et Turcoman.

Style et inspiration

Le dessin employé à la fin des 12è et 13è s se compose d’un grand médaillon central sur fond neutre ; l’équilibre de la composition est obtenu par l’emploi d’une bordure étroite.

Après la fin du 13è siècle, les dessins se diversifient, notamment par l’introduction d’éléments décoratifs uniformes et répétés recouvrant entièrement le fond. Afin de préserver l’équilibre de la composition et pour briser la monotonie engendrée par ces éléments répétitifs, la bordure est élargie et composée de motifs de fleurs Herati ou de buissons de fleurs inspirés des dessins Cachemire.

La couleur la plus usitée pour le fond est le rouge tirant sur le café, et la plupart des  couleurs sont à base de composants végétaux.

Le médaillon central se transforme  suivant la dimension du tapis en forme circulaire ou de losange, et ces tapis sont parfois entourés de la bordure à calligraphie composée avec les poèmes des plus grands poètes Iraniens comme Hafez.

Les thèmes les plus souvent développés au Khorassan sont des combats animaux et des scènes de chasse, occupation préférée des souverains, et qui mettent en scène des gazelles, des loups, des renards, des lions, des léopards, des chèvres et des oiseaux.

La laine est douce et brillante et la longueur du poil est moyenne, mais lorsque la laine est tondue en automne, le duvet est plus court.

Pèlerinage à Machad- Meched, ville sainte

Située au Nord Ouest de l’Iran, deuxième ville du pays, Machad est une des principales villes sainte Chiite, car le mausolée de l’Iman Réza y attire de nombreux pèlerins venus du monde entier. Machad abrite également la tombe du poète Ferdowsi qui y vécut, il y a 900 ans.

Grâce à l’étendue de ses pâturages et la prospérité de sa culture, le Khorasan est devenu un centre important d’élevage de moutons. Les artisans de  Machad ont naturellement profités de ce choix de laine de très bonne qualité et leurs tapis y ont acquis une renommée internationale.

Style et inspiration

Les couleurs des tapis “Machad” se sont également forgées une bonne réputation de stabilité. Les couleurs principales employées pour le fond sont  le rouge foncé et le bleu foncé.

Le vert, le jaune, l’orange et le blanc sont employés en moindres quantités.

Les fils de chaîne assez fins sont constitués de fils de coton bleu filés mécaniquement, quant aux fils plus grossiers et épais, ils sont filés à la main.

Le poil du tapis est rasé assez haut, pour donner une impression moelleuse au toucher.

À l’exception des tribus Turcoman et Beloutch, les dessins géométriques ne sont pas employés dans la région du Khorassan, mais les dessins utilisés sont, en dehors du  médaillon central, le motif afshan, c’est-à-dire un fond simple sans médaillon  parsemé d’un réseau de rinceaux d’arabesque qui s’entrecroisent, rehaussé de fleurs. L’ensemble est généralement sur un fond gris clair, parfois crème.

Machad de nos jours

Si l’on trouve encore quelques artisans originaux qui créent des pièces très fines et de grande valeur, en soie ou laine et soie, la plupart des artisans se bornent à copier les dessins des autres régions.

Les tapis les plus copiés sont les “Naïn” et surtout dans les villes et les villages entourant Machad soit à Kachmar- Tabas – Neychabour.

Si par leur dessin et l’emploi d’une soie, bien souvent artificielle, ces tapis ressemblent à s’y méprendre au “Naïn”, la qualité du travail et de la laine est bien souvent médiocre.

Il faut néanmoins donner une mention spéciale aux Naïn Tabas, dont certains pourraient passer pour de véritables Naïns.

Grands maîtres

Au début du 19 ème siècle, les marchés européens s’ouvrent aux tapis Persans, et les commandes affluent. Afin de satisfaire ces nouveaux marchés, un petit nombre de commerçants de Tabriz eurent l’idée de créer de nombreux ateliers dans les villes de Machad, Kirmân, Arak et Kachan. C’est la raison pour laquelle s’y côtoient aujourd’hui, dans une proportion identique, le nœud turc et le nœud persan.

Bien que ces ateliers possèdent une  structure identique et une culture commune, des différences de style et de couleurs différencient une  région à l’autre et permettent de mieux définir l’origine du tapis.

Tous ces ateliers rivalisaient les uns avec les autres et essayaient de dépasser leurs rivaux. Cette compétition stimula la production et donna des grands maîtres comme Maxmal Baf, Fekour, Qazy Khan, Saber, Amoughly, Djalilian Vareste,Cheick Pourangi, .

Amoughly, le Rubens Iranien

D’origine d’Azerbaïdjan, suite à un pèlerinage, ses parents s’établirent comme tisserands à Machad. Sur les traces des Tabrizi, celui-ci développa de nombreux ateliers à Machad et dans sa proche banlieue, et s’entoura de nombreux compagnons qui étaient maîtres eux-mêmes.

Amoughly s’était spécialisé dans les tapis de très grandes dimensions (vous pouvez voir dans un des palais du Shah des tapis de 100 à 150 m2)et d’une grande finesse ( de 2 à 4 millions de nœuds au mètre carré)

Il attachait une grande importance aux couleurs et n’employait que des colorants végétaux et organiques.

De grande réputation en Iran, il travaillait principalement pour  le mausolée de l’Iman Réza, les différents palais du Shah, les ambassades etc.

Après sa mort en 1938, la production de Machad déclina peu à peu et n’obtint plus jamais le lustre d’antan.

J’ai eu l’occasion de voir chez un marchand de Téhéran un magnifique tapis d’Amoughly de seulement 6 mètre carré. Le marchand l’avait acheté 120.000 € et en demandait 250.000 €.

Huit jours après, je repasse voir mon marchand, et le tapis avait été vendu à un autre marchand pour la somme de 210.000 €.

La finesse des Birdjan – Birdchan

Birdjan est un centre très ancien de tapis et se différencie de “Machad” par l’originalité de ses dessins : médaillon différent, dessin Mahi très fin, motif buisson de boteh .

Bien que la plupart des tapis soient noués avec le nœud jufti, on obtient une longévité et une finesse excellente grâce à une chaîne fine et serrée. Mais il existe un genre de  “Birdjan” de mauvaise qualité noué avec de la laine prélevée en automne, moins résistante que celle du printemps. Dans ce cas, le tapis sera rapidement usé.

Les couleurs employées dans les “Birdjan” sont de même qualité que celles de “Machad”.

Les teintes sont identiques avec toutefois un emploi plus important du bleu foncé et du crème pour la couleur du fond, et l’emploi pour les motifs décoratifs de couleur orangée à côté de couleur chamois et rouge clair.

Doroxch- Dorokhsh : la perle rare

Village situé à une soixantaine de kilomètre de Birdjan, Doroxch à une longue histoire dans l’art du tapis  et c’est de cette région que proviennent peut-être les plus belles pièces du Khorassan.

Les particularités des “Doroxch” sont en plus d’une grande densité, un dessin “médaillon” assez grand ou un dessin composé de lignes parallèles avec un motif simple et répété qui apparaît dans toute sa splendeur, accentué par des couleurs rouge rosé ou chamois. Généralement ces motifs sont soit le sapin soit le boteh.

Hélas, la production actuelle est pratiquement inexistante. Et l’âge d’or de ces tapis est  jalousement conservé dans les musées, les grandes collections privées ou sur le marché de l’antiquité.

Moud : une intéressante diversion

Les tapis de “Moud” sont certainement la production la plus typique du Khorassan avec une grande finesse d’exécution, un nœud persan d’une densité variant entre 360.000 à 700.000 nœuds au m2 et un dessin  traditionnel équivalant aux tapis de “Machad”. Le motif sans médaillon est assez courant. Le fond du tapis est couvert d’un bout à l’autre d’un motif répétitif de fleur entouré de feuilles et qui trouve son origine dans les tapis anciens de ” Herat”.

Le poil est rasé relativement court, et de ce fait plus léger que les “Machad” puisqu’il  y a moins de laine. La laine employée est très douce et de bonne qualité. Les couleurs principales sont, le rouge foncé, le brun foncé, le bleu clair et foncé. Le fil de trame est en coton bleu filé finement.

Kachmar pour le tout venant

Kachmar  a une production très importante dans le tapis bas de gamme. Les artisans se bornent à imiter la production des autres régions comme “Machad” ou “Naïn” mais dans une qualité moindre, afin de vendre moins cher. Pour ce faire, ils emploient une laine plus grossière, et le nœud double qui consomme moins de laine. La densité moyenne est d’environ 90.000 nœuds au mètre carré. Le filament de laine est plus faible et le tapis est rasé avec un poil assez long (un rasage court ne peut se faire que dans une bonne qualité de laine).

À l’heure actuelle, certains artisans exécutent des tapis d’une densité variant entre 360.000 à 500.000 nœuds dans une meilleure qualité de laine, mais toujours en plagiant les motifs des autres régions.

Alors que certaines régions ne produisent que des carpettes et tapis de petites dimensions, les artisans de Kachmar produisent des tapis dans toutes les dimensions possibles.

Tapis de tribus du Khorassan

Le Khorassan était habité par des tribus nomades, notamment les Beloutches et les Turkmènes qui, l’été, faisaient paître leurs troupeaux dans les montagnes du côté des villes de Ghoutchan, Shirvan, Dargaz et prenaient leurs quartiers d’hiver dans les plaines  de Maraveh Tappeh, Gonbad-e-Kavous et les régions du sud du Khorassan.

Tapis Beloutche – Baloutche : actions de grâce

Les dessins des tapis beloutches ont été influencés par les motifs des régions avoisinantes Turcoman et Caucase.

Tous les motifs : arbres , branchages et animaux sont stylisés sous forme géométrique par l’emploi de verticales, d’horizontales, de diagonales et  de lignes brisées.

Tout l’ensemble du tapis, bordure comprise, ne forme qu’un ensemble géométrique.

Parmis les motifs les plus usités ont peu cité le gul copié des Turcoman,le boteh motif typiquement iranien, les arbres à tête d’animaux et les S répétés dans les bordures

Le tapis de prières dit “Mihrab” dont la bordure fait partie intégrante de la forme de la niche.

Dans la partie supérieure des tapis de prière, on retrouve, sous une forme abstraite, les mains placées de chaque côté de l’arche de prière et qui indique l’endroit où le fidèle doit poser ses mains selon le rituel.

Les couleurs sont généralement sombres et les plus employé sont le rouge et le bleu foncé, et pour souligner le dessin, les traits sont généralement en noir.

Tapis Turkmène – Turkman – Turcoman : les 3 horizons

Tekkeh – Yomoud – Guklan

Tekkeh, Yomoud ou Yamut, Guklans, sont les trois grands clan Turkmène qui vivaient  au sud-est de la mer Caspienne. Parmi ces clans, trois tribus étaient réputées pour la confection des tapis : Atabai, Jaafarbai et Tekkeh.

Atabai et Jaarbai faisaient partie du clan Yamut et les Tekkeh étaient les descendants des Turkoman vivant de l’autre côté de la Caspienne.

 La confection de tapis dans les tribus remonte très loin dans le temps et était le travail des femmes qui employaient pour ce faire un cadre facilement démontable, donc horizontal.

La laine était en provenance directe de leurs troupeaux et la teinture était également accomplie par des mains féminines.

Style et inspiration

Pour leurs dessins et motifs, les Turkmènes font usages de symboles tirés des éléments naturels ambiants.

Les dessins, tous géométriques, étaient reproduits de mémoire, sans calque ni modèle.

Les motifs employés dans les tapis avaient une signification aussi bien spirituelle que matérielle, et avaient un rapport direct avec leur entourage ou leur vie de nomade.

Différents symboles s’expriment : le fer de lance représente la puissance combative de la tribu, les osselets  le jeu préféré des enfants turkmènes tandis que les étoiles indiquent aux bédouins leur chemin dans la nuit et le peigne  la parure nécessaire à la toilette des femmes.

Parmi les motifs animaliers on trouve : le cygne, le cheval, le bec d’oiseau, le bélier, le scorpion jaune qui est sensé écarté les mauvais esprits.

Gül – Göl- Tamgha

Dans le répertoire des motifs géométriques disposés régulièrement sur le champ, signalons surtout le gül ou göl ( fleur en persan) et le tamgha , c’est à dire la marque de feu servant à identifier le bétail chez les turkmènes.

L’importance du gül est telle que l’on trouve des centaines de déclinaisons différentes de ce motif, dont le plus connu est évidemment le gül tekke souvent confondu avec le Boukhara. Le gül est un des rares motifs qui n’a subi aucun changement  fondamental au cours des siècles, à part certains motifs dus à l’annexion d’une tribu  vaincue par une autre sur le champ de bataille

Style et genres

Les tisserandes de la tribu vaincue étaient obligées de nouer des tapis avec de nouveaux tamghas qui reprenaient le totem de la tribu victorieuse. Cet acte de soumission était la reconnaissance officielle de la supériorité du vainqueur.

Le nœud employé est soit persan soit turc.

Lors de l’emploi du nœud turc, ils tirent un fil de trame toutes les deux rangés de nœuds, et lors de l’usage du nœud persan ils tirent un fil de trame après chaque rangée de nœuds.

Il faut distinguer deux genres de tapis turkmènes, qui correspondent à deux périodes différentes.

Une première période correspondant à un mode de vie nomade et la seconde période  correspondant à la fin de la vie nomade et une certaine sédentarisation.

Dans la première période, chaîne trame et velours sont en laine, parfois le velours est en poil de chameau, et les tapis servaient uniquement à l’usage personnel de la famille ou de la tribu.

Ces tapis et kilims servaient :

  • de tapis de sol pour décorer la tente ;
  • d’asmalyck pour couvrir les flancs du chameau qui ouvrait le cortège nuptial ;
  • de tentures pour l’entrée de la yourte ;
  •  de sac pour les vêtements, le sel, le pain.

Chaque jeune fille devait tisser deux tapis d’une grande finesse qui servait à sa dot.

Dans la seconde période qui se situe après 1930, la chaîne et la trame peuvent être en coton, et les motifs sont moins diversifiés.

De nos jours, on trouve des tapis turkmènes très bon marchés, produits dans des ateliers avec des laines prélevées sur des animaux morts.

Tapis du Kurdistan : les plus familiers

Le Kurdistan est une région principalement montagneuse où la vie reste très rude. Les villes principales sont, tout d’abord Sanandaj où sont confectionnés les Senneh et Bidjar de renommée mondiale, bien connu du public Belge. La population est d’origine Kurde.

Les célèbres tapis et kilims de Senneh

La production de Senneh présente beaucoup de ressemblance avec les tapis de Bidjar ou des autres régions nomades et est reconnue pour sa qualité et sa résistance, Mais le nouage est plus fin et les dessins plus raffinés.

La célébrité des  Senneh est due à la qualité de ses tapis anciens fabriqués sur ordre  des marchands et d’après le goût des clients. L’emploi d’un fil de trame en coton en place d’une trame en laine, un rasage plus court pour obtenir un dessin plus net (donc laine de très bonne qualité), et une densité variant entre 420.000 à 750.000 nœuds au mètre carré sont les principales caractéristiques des tapis Senneh.

Les kilims de Senneh sont aussi renommés que ses tapis noués.

Style et inspiration

Étant donné l’origine de la population Kurde, on pourrait supposer que le type de nœud généralement employé est le nœud turc, or on constate au contraire que la majorité des tapis sont  noués aux nœuds persans, d’où le nom de Sennehbaf ( noué au nœud persan).

En dehors des tapis de prière avec le mihrab, à l’intérieur duquel on retrouve l’arbre de vie entouré d’oiseaux multicolores, la plupart des motifs sont géométriques.

Le principal motif est le médaillon sous forme hexagonale qui couvre pratiquement tout le champ du tapis. À l’intérieur de cet hexagone, on trouve un autre hexagone plus petit et qui se termine à chaque pointe par une forme en  tête de javelot ou d’ancre de bateau. Les couleurs principales sont le crème, le rouge foncé et le bleu foncé. Le fond du tapis est entièrement décoré du  motif herati ou motif mahi (poisson). La bordure également est souvent décorée avec le motif herati.

Certains tapis, assez rares, sont décorés du  motif boteh. Tous ces boteh sont reliés entre eux par un rinceau de vigne.

De nos jours, la qualité des Senneh a sensiblement diminué, et le nombre de nœuds a chuté  de 200.000 nœuds au mètre carré. De plus ils n’emploient plus que de colorants chimiques, et les dessins sont toujours identiques. Bref un manque de qualité artistique et artisanale.

Bidjar: le tapis belge

Bidjar est  certainement un des centres du tapis le plus connu en Europe, et qui vers le milieu du XX ème siècle  décorait pratiquement tous les  intérieurs belges.

Situé dans une des régions les plus fertiles d’Iran, les artisans de Bidjar ont profités de la qualité de la laine, facteur d’endurance du tapis.

La production de tapis comprend non seulement la ville de Bidjar, mais également les villages qui l’entourent et ressemblent à la production des Senneh. Un nouage dense et une laine rude et épaisse sont un des facteurs de longévité. Cette longévité est également redevable à l’emploi d’une trame double contrairement à Senneh qui emploie une trame unique. Si dans les Bidjar ancien on employait uniquement le nœud turc, dans la production actuelle le nœud persan est d’un usage courant.

Style et inspiration

Parmi les dessins les plus courants, on peut citer le motif mahi ainsi que le dessin Shah Abbas et particulièrement le motif herati et la fleur de lotus, ainsi que des dessins géométriques. Les couleurs employées sont généralement sombres, bien que certains emploient des couleurs claires.

Les dessins des Bidjar ont beaucoup de ressemblance avec les dessins Senneh, soit pour le champ le médaillon central sous forme de losange, avec l’emploi du bleu foncé, du rouge et de la couleur poil de chameau. La bordure est composée de rouge foncé, de  vert, de jaune et de bleu. Ce qui ne signifie pas dire que l’on ne peut pas trouver d’autres couleurs.

Les tribus du Kurdistan.

Ces tribus sont composées de petites familles qui vivent dans les alentours des villes et villages du Kurdistan. La plupart d’entre eux  ont une occupation  agricole ou d’élevage et une partie de ceux-ci ont une vie de semi nomade. Certains n’ayant pas assez de rentrées d’argent, pour cause de cheptel limité ou de manque d’occupation pendant l’hiver, trouvent dans la confection de tapis une ressource supplémentaire.

Ces artisans  saisonniers  produisent des tapis plus grossiers  avec des laines couleur café ou châtaigne, et parfois en laine de chameau. Ces tapis prennent l’appellation Bidjar de village, et sont d’un aspect plus primitif.

Kirmân – Kerman, les beaux fruits du désert

Ville du désert “ Kavir-e-Lout “ située dans le sud de l’Iran, Kirmân est une des cités les plus déshéritées du plateau iranien.

Le manque d’eau et une terre désertique expliquent que la plupart des habitants ont cherché un travail différent de l’élevage ou de la terre. Ils se sont tout naturellement orientés vers des métiers plus artistiques et notamment la confection des tapis.

Une riche évolution

Depuis des temps anciens, Kirmân était reconnue pour la confection de châle en soie rehaussé de fils d’or ou d’argent. Au XIII ème siècle Marco Pol parle de Kirmân en ces termes : « Les femmes et les jeunes filles travaillent à l’aiguille, brodent la soie et l’or. Elles reproduisent une grande variété de couleurs et de motifs, des oiseaux, des animaux ainsi que beaucoup d’ornements exécutés avec beaucoup de goût. Ces broderies servent de rideaux, de couvre-lits ou de coussins dans les familles riches ; ces ouvrages, confectionnés avec tant de goût et d’habilité ne peut que susciter notre admiration. »

Bien qu’à cette époque, les tapis ne soient pas mentionnés, on peut supposer qu’a côté de la confection de tissus, il devait avoir une petite production de tapis.

Avec le temps et la mécanisation, la production des tapis s’est développée, pour supplanter définitivement la broderie au 19 ème siècle.

Le développement des tapis dans cette région est encore une  fois dû aux marchands de Tabriz qui, ne pouvant faire face à la demande des marchés européens et américains, ont créé des ateliers dans les villes de Kachan, Machad, Hériz.Ils furent bientôt suivis par les marchands anglais et américains qui fondèrent leur propre ateliers.

Palette et particularismes

La région de Kirmân produit une très bonne qualité de laine qui est intégralement vendue aux marchands d’Isfahan. De ce fait, les artisans de Kirmân sont obligés d’acheter des laines en provenance de Machad, Sabzévar, Kermânchâh, Tabriz et même en Afghanistan.

Les laines de ces différentes régions sont évidemment mélangées, et donnent un produit final qui n’est pas toujours de bonne qualité au point de vue durabilité et finesse.

Comme dans beaucoup d’autres régions, chaîne et trame sont en coton.

Bien que d’habitude la trame des tapis est constitué de un ou deux fils de trame, dans les Kirmân modernes la coutume est l’emploi de 3 fils de trame. Une trame mince, généralement bleue, qui se voit à l’envers du tapis et deux trames “invisible “ plus grosses.

Dans les villes, le nœud employé est le nœud persan, et dans les villages, le nœud persan est utilisé dans la même proportion que le nœud turc.

Ces dernières 50 années une grande proportion d’artisans utilisent le nœud jufti, avec comme particularité d’envelopper trois fils de chaîne en place de quatre. Ce type de nœud nécessite moins de laine et permet d’achever un tapis plus rapidement. À titre d’exemple, si dans une journée un artisan accompli 20 rangées de nœuds, avec le nœud jufti il réalisera 40 voire 45 rangées.

Les teinturiers de Kirmân ont une renommée mondiale. La palette des couleurs s’étend à une trentaine de couleurs, qui pour la plupart sont obtenues à partir de substances naturelles.

Parmi celles-ci, citons le rouge pourpre et le rose obtenu à partir de la cochenille. Puis la garance, le brou de noix, l’écorce de grenade, le henné, la feuille de vigne.

Trois grandes périodes

Comme la production de Kirmân est très ancienne, il est normal que le style ait subi au cours des ans une profonde évolution.

C’est pourquoi, nous pouvons classifier  l’évolution des Kirmân en trois périodes.

Une première période qui comprend le 19 ème siècle jusqu’à la fin de la première guerre mondiale, et qu’on peut appeler la période ancienne.

Une seconde période, qui se situe entre les deux guerres, et qu’on pourrait appeler la période du retour, car les artistes s’inspirent des motifs de l’époque Safavide.

Et la troisième période qui va de la fin de la seconde guerre mondiale à nos jours, soit la période moderne.

1.Période ancienne

Comme dans d’autres régions d’Iran, la composition décorative que l’on rencontre le plus souvent à cette époque est le médaillon central polylobé, à peu près ovale ou rhomboïdal qui domine le centre tandis que quatre écoinçons marquent les angles.

Le style figuratif est également à la mode, avec notamment des scènes historiques aussi bien iraniennes qu’européennes. Un grand nombre  de tapis ont une décoration composée de végétation luxuriante, accompagnée d’animaux chassants ou s’abreuvant. Dans ce genre de tapis, “ l’arbre de vie“ est un motif exploité avec toutes les combinaisons possibles.

Le motif“ Zil-i-Sultan “ ainsi que le motif “ boteh“  réalisé à cette époque sont d’une qualité inégalée de nos jours.

Ce sont les tapis de cette période qui ornent la plupart des musés.

2.Période du retour Safavide

Durant cette période, les artistes s’inspirent des motifs de l’époque Safavide, avec notamment le motif Shah Abbas, ou le Ghab Ghorani, ce qui signifie en persan « reliure du Coran », et évidemment le célèbre médaillon central.

À la fin de cette période, on remarque l’apparition d’une grande quantité des dessins plus fouillés avec des scènes  de jardins printaniers surchargés de verdures et d’animaux.

3.Période moderne

Après plusieurs crises économiques, les artisans en manque de travail se mettent à chercher ce qui pourrait faire vendre en Occident. Ils se tournent vers une production faite en fonction du goût des Américains et des Européens. C’est l’époque des imitations des tapis d’Aubusson et de la Savonnerie.

Cette influence étrangère va transformer complètement la décoration de la bordure. En effet les encadrements ne sont plus droits et réguliers et souvent le dessin de la bordure s’imbrique dans le champ. En d’autres termes, le champ n’est plus  délimité par la bordure, mais bien par les bords du tapis.

De nos jours, la production reste confinée dans le style de végétation luxuriante avec animaux et motifs Aubusson et Savonnerie.

Certaines manufactures se sont lancées timidement dans une production moderne, à la commande de grande firme internationale.

Splendeurs Kirmân Laver – Kirmân Raver

Ces magnifiques tapis sont identiques aux  Kirmân, mais confectionnés dans de très belles qualités de laine et dans des finesses supérieures.Ils sont exécutés par les artisans du village de Raver situé à 140 km au nord de Kirmân. Le suffixe Laver est une déformation de Raver.

Le cœur de la Perse Centrale

Arak ( Sultanabab) : étoiles filantes

Arak fut toujours un centre important du tapis, et les marchands de Tabriz lui donnèrent en 1878 un nouvel essor en créant de nombreux ateliers pour répondre aux besoins des marchés occidentaux. En 1886, une célèbre firme anglaise de Manchester s’y établi sous le nom de Ziegler en C°,  afin de produire des tapis correspondant au goût des américains et européens

Cette production fut vendue sous l’appellation tapis Ziegler .Cette compagnie ne résista pas à la crise économique et ferma ses portes en 1929, mais reste attachée à l’histoire du tapis Persan.

Par après, les commerçants abandonnèrent le bazar d’Arak au profit des bazars de Téhéran et Goum. De ce fait la production de tapis disparu peu à peu.

De nos jours, dans la région d’Arak, seules les villes de Sarough, Farahan, Mahal et Saraband produisent encore des tapis.

Sarough la magnifique

D’après les connaisseurs, les meilleurs tapis de la région sont exécutés à Sarough. De plus, les Sarough connurent un essor particulier avec une production destinée au marché américain et connu sous le nom de Sarough américain. La production de ces tapis atteignit son point culminant autour des années 1920.

Ces tapis sont très appréciés des amateurs qui recherchent la couleur soit rouge brique ou rouge rosé très chaude et brillante que ces tapis ont acquit avec le temps.

Les mesures les plus courantes pour ces tapis sont 100 cm * 150 cm, 350 cm * 250 cm ou 400 cm * 300 cm. Les autres mesures sont plus rares à trouver.

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Mahal – Mechkabab : notoriété passée

Mechkabab était dans le temps le marché des Farahans qui jouissent d’une grande réputation.

Après la destruction de la ville de Mechkabab, une ville nouvelle fut construite, Sultanabab, qui peu à peu récupéra le marché de Farahan  et ne présente plus aucun intérêt de nos jours.

 

Dans les anciens  Mechkabab, on trouve généralement des dessins floraux divers et à grosses fleurs. Parmi ces dessins citons : Gol Hana  ( fleur stylisé de henné) et  Mina Khani, l’ensemble sur un fond de couleur sombre.

Les couleurs dominantes sont le bleu et vert foncé. Parmi les couleurs de la bordure citons : café, rouge, bleu clair, vert, jaune. Le dessin de cette bordure est bien souvent une alternance de fleur et du motif tortue.

Les tapis Mahal ont à peu près les mêmes particularités que les Farahan. Tous les deux jouissaient d’une bonne notoriété avant les années 1920, mais par après ils sont tombés dans une ornementation et une facture plus grossières.

Saraband

Les tapis de Saraband , connus sous l’appellation de Sarough Mir sont d’une fabrication et qualité égale aux Sarough. La différence entre les deux est l’emploi du motif Boteh Miri, soit un fond uni parsemé d’une centaine de boteh de très petite dimension, entre 5 à 10 cm.

Lilian : la luminosité arménienne

Noués dans des villages peuplés d’Arméniens, les Lilians présentent beaucoup de similitude avec les Hamadans. Ils se caractérisent principalement par la beauté et la luminosité des couleurs, principalement le rouge brique, gage d’une bonne qualité de laine.

Le dessin du champ est une grande fleur stylisée à quatre branche, de laquelle s’échappe des guirlandes de fleurs qui entourent au-dessus et en dessous une grosse fleur stylisée.

Le décor de la bordure reprend les motifs de fleurs qui composent le champ.

Les Lilian  sont généralement exécutés que dans de petites mesures.

Goum -Qom-Koum : la ville sainte entre toutes

Ville sainte et lieu de pèlerinage du chiisme situé à environ 150 km au sud de Téhéran, elle abrite le mausolée de Fatima, sœur de l’Iman Réza.

La production de tapis à goum est assez récente et date des années 30. Ce manque de tradition explique qu’à l’origine, les artistes se soient inspirés des dessins des autres régions. Le motif « botheh » inspiré de Mir, les dessins de chasse inspirés de Tabriz et Isfahan, les motifs de fleurs empruntés d’Isfahan et le médaillon central de Kachan. Les motifs à base de carré inspiré des Bakhtiary.

Très vite les artisans de Goum s’imposèrent par la perfection de leur technique au point de devenir les tapis les plus réputés d’Iran.

Trame et chaîne en coton, ainsi qu’en soie. Velours laine et soie.

De nombreuses pièces sont exécutées entièrement en soie.

Nœud persan avec des densités dépassant le million de nœuds au mètre carré.

L’emploi de colorants chimiques pour la soie est général, mais un artiste contemporain, Noury, se différencie des autres par l’emploi de colorants végétaux pour ses soies. Le résultat est fabuleux au niveau des couleurs et ses créations atteignent régulièrement des densités de 1.400.000 nœuds au mètre carré.

L’ancestrale région de Chiraz

Qashqa’i : motifs animaliers

Une trame teinte en rouge et une chaîne ivoire suggère une origine qashqa’i.

Motif principal : le lion motif hérité des Lurs.

Le paon que l’on retrouve aussi chez les Lurs et la confédération khamseh.

Arbre à tête d’animal.

Animaux bicéphales qui se retrouvent dans l’art populaire nomade et villageois ont repris cette forme qui date depuis le premier millénaire av JC.

Le style Gabbeh

Le terme de gabbeh se réfère à un style de tapis plutôt qu’à une tribu. Un décret du Shah Tahmasp, datant du XVI èmè siècle est la première référence connue aux gabbehs.

Il semblerait que les tapis gabbehs soient d’origine lurs et dont les tisserandes qashqa’is se sont inspirées. À l’origine, les tisserandes ne travaillaient que pour leurs besoins personnels et de la tribu, mais vers les années 1970 lorsque les gabbehs  furent découverts, elles ne travaillèrent plus que pour le marché extérieur et de nos jours elles travaillent pour de grands groupes internationaux qui leur procurent les dessins. Il va sans dire que ces dessins et motifs n’ont plus rien à voir avec les motifs traditionnels, même s’ils reprennent parfois l’un ou l’autre personnage ou animal stylisé.

Shahsavan

 

Le nom Shahsavan s’applique de nos jours à un groupe de tribus de langue turque qui vivent principalement dans le nord-ouest de l’Iran. En langue turque, le terme Shahsavan signifie «  Ceux qui aiment le Shah », parce qu’ils étaient les fidèles serviteurs de la dynastie Séfévide.

Ce n’est qu’à partir des années 1970 que l’on fait référence aux tapis et textiles tissés par les Shahsavan. Avant ces objets étaient mondialement connus même en Iran,sous l’appellation fausse de « Caucasien » , car ils présentent une grande similitude avec les tapis caucasiens à tel point qu’il est difficile de les différencier, surtout les pièces anciennes. Ce qui est normal puisque jusqu’au début du XX ème siècle, les parties sud du Caucase faisaient partie du territoire Shahsavan, et les tribus les traversaient régulièrement.

Les clans qui constituent la tribu Shahsavan sont connus par le nom de la région dans laquelle ils vivent : Les Shahsavans de Moghan, de Hashrud, de Mianeh, de Khamseh, de Bidjar, de Qazvin, de Saveh et Veramin. On trouve également des Shasavan dans la province de Fars et parmi les tribus Bakhtiari.

Conformément à la tradition islamique qui considère que le dessin ou la reproduction de n’importe quelle forme fidèle à la nature est un péché, les tisserandes Shahsavan ont adopté les formes géométriques et utilisés les chiffres. Le motif de base est la carrée avec une division soit :verticale, horizontale ou diagonale. Ce qui donne une unité blanche et une unité noire, l’ensemble de la construction, donne des valeurs positives et négatives inspirées des concepts du bien et du mal, du noir et du blanc, du chaud et du froid. …

Les principaux motifs formés par ces assemblages sont : l’étoile, la fleur-et-bouton, le dragon et les animaux.